Destruction mutuelle assurée

L’humanité avait détruit toutes les planètes des blobs, comme la presse avait jadis baptisé l’espèce extra-terrestre. Difficile d’affirmer qui avait commencé à attaquer l’autre, mais l’humanité avait remporté le premier combat décisif. Une attaque surprise, alors que la flotte blob était encore engagée dans des manœuvres de combat dans l’espace profond, quelques milliers d’ogives, et le monde central des blobs avait été noyé sous le feu nucléaire. Encore quelques heures, et les mondes périphériques subissaient le même sort.

Tous s’attendaient à une reddition sans conditions de la flotte blob, ou à sa fuite dans les confins les plus reculés de la galaxie. Au lieu de quoi, les blobs répliquèrent avec fureur et incinérèrent les mondes humains. Notre flotte revint bien sûr au plus vite, mais les vaisseaux étaient trop éloignés pour pouvoir les arrêter à temps. Des milliards de vies furent réduites en cendres en quelques instants… le parfait reflet des milliards de blobs qui avaient été anéantis quelques jours plus tôt.

Leurs forfaits accomplis, les deux flottes convergèrent ensuite l’une vers l’autre. Une bataille épique eut lieu durant plusieurs semaines, dans laquelle 99% des deux flottes s’anéantirent mutuellement. A la fin, ne restèrent qu’une dizaine de vaisseaux de chaque camp.

Ces vaisseaux, naturellement, continuèrent de s’affronter. Simplement, ils passèrent de l’affrontement frontal à un jeu du chat et de la souris, chacun tentant de prendre l’autre par surprise, puis de battre en retraite avant de s’attirer le feu ennemi. En vingt ans, les maigres escadres survivantes s’annihilèrent l’une l’autre à leur tour.

Et maintenant, il ne restait plus qu’un vaisseau humain luttant bec et ongle contre un vaisseau blob. Mais le statu quo était sur le point de se terminer. Jill avait sous les yeux le dernier ennemi, dont elle venait de réduire en miettes les derniers drones de combat. Le blob, qu’elle avait baptisé Bob pendant les années qu’avait duré leur combat, était enfin à sa merci.

Elle allait terminer cette guerre. Venger l’humanité toute entière. Elle débloqua le verrou du silo de missiles, et posa le doigt sur la commande de lancement. Mais elle n’appuya pas. Une étrange pensée venait de traverser son esprit.

Bob et elle étaient les dernières lueurs de conscience de toute la galaxie. Si elle le tuait, il ne resterait plus qu’elle. Que faire, seule, pendant les décennies qui lui restaient ? Quelle victoire serait-ce, que de se condamner à la solitude pour le reste de sa vie ?

Bien sûr, Bob était un meurtrier. Il avait participé de manière directe au génocide de sa race, et avait personnellement tué bon nombre de ses amis pendant leurs vingt ans de lutte. Tout comme elle.

Elle regarda le vaisseau blob sous un nouveau jour. Elle l’avait sérieusement endommagé pendant son attaque surprise, mais Bob devrait encore être en vie. Les blobs étaient du genre coriace. Peut-être était-il encore temps pour le sauver.

Elle enfila sa combinaison et sortit apporter son aide, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, au dernier des blobs.

Date d’écriture: 2020

Le kraken

La mer avait réagi étrangement toute la matinée. Les courants changeaient abruptement de direction, sans raison apparente. Des remous suspects apparaissaient de ci de là, à quelque distance de la barque catalane. Des bancs de poissons entiers sautaient hors de l’eau, en telles quantités que certains tombèrent dans le petit voilier, fournissant une manne bienvenue. Car aucun poisson ne semblait très intéressé par les lignes que Miguel avait tirées.

Et sans prévenir, l’eau se mit à bouillonner autour de Miguel. Il se jeta sur la voile pour tenter de maîtriser son embarcation, qui tanguait dangereusement. Il luttait encore quand, d’un seul coup, surgit devant lui une tête gargantuesque. L’œil du monstre était braqué sur Miguel.

Il se mit à trembler. L’œil était plus grand que lui. La pupille semblait contractée sous l’afflux de lumière, et Miguel songea que la bête devait être plus habituée aux ténèbres des profondeurs qu’à la vive lumière du soleil de la Galice. Pensée étrange, seul face au kraken. L’iris, largement révélé par la contraction de la pupille, était d’un bleu profond, du bleu des abysses. Le corps de la bête affleurait maintenant à la surface de l’océan, plus long que la jetée du village de Miguel.

La bête ne bougeait pas. Elle attendait, observait. Impossible de dégager le bateau pour fuir sans la percuter. Mais étrangement, le monstre marin ne semblait pas hostile. Curieux, peut-être, envers ces fourmis qui se déplaçaient à la lisière de son univers. Miguel s’agenouilla pour prier le Seigneur, oscillant entre reconnaissance pour ce qu’il était en train de vivre, et peur de mourir. La pupille de l’œil gargantuesque se dilata légèrement. Le kraken étudiait toujours attentivement Miguel.

Ses actes de dévotion terminés, Miguel se redressa. Il était maintenant prêt, quoi qu’il puisse arriver. Il fit face à la bête. Elle était si proche… il lui suffisait d’avancer la main… et si ? Comme dans un rêve, Miguel leva le bras et posa la paume sur la tête du monstre. Elle était humide et fraîche, et le contact était surprenamment agréable. La pupille du kraken se dilata un peu plus encore.

Était-ce ce qu’il attendait ? Toujours est-il qu’il se dégagea doucement, leva en signe d’adieu un tentacule plus épais que le tronc d’un chêne centenaire, et s’enfonça doucement sous les flots pour y disparaître.

Miguel ne le revit jamais. Mais parfois, quand les courants se montraient bizarrement capricieux, il sentait sa présence amicale autour de lui. Et que ce soit par hasard, ou parce que le monstre veillait sur lui, jamais plus Miguel ne rentra bredouille au village.

Date d’écriture: 2020

Le coup de foudre

J’ai dansé sous l’orage. Les gouttes frappaient mon visage, battant la cadence au rythme de mes pas. Le tonnerre a éclaté comme je tapais dans mes mains, et la foudre jailli au premier entrechat. Le vent m’a enveloppé d’un tourbillon, amenant dans son sillage une entêtante fragrance d’ozone.

Elle se tenait devant moi. Amie ? Ennemie ? Je ne sais plus trop. Je me souviens d’être venu pour l’affronter, mais je ne lui voulais aucun mal. On m’avait ordonné de la tuer, je me contentais de faire mon boulot. Elle aurait pu me foudroyer sur place, mais… non. A la place, elle m’a ensorcelé. Difficile de tuer quelqu’un quand on danse sous l’orage.

Quand la tempête est passée, je me suis effondré, épuisé. L’enchanteresse était partie, mais son visage était gravé de manière indélébile dans mon esprit. Sa beauté, terrible, envoûtante. J’ai mobilisé mes muscles tétanisés pour me lever. Il y avait toujours, dans le vaste monde, des gens qui lui voulaient du mal. Je devais la retrouver, l’accompagner, la protéger.

C’est ainsi que je rencontrais Viviane pour la première fois.

Date d’écriture: 2020

Moi

J’ai des souvenirs de moi enfant. Une gamine turbulente, hyperactive, toujours à faire des mauvais coups. Je ne suis plus cet enfant. J’ai changé.

J’ai des souvenirs de mes études, de ma remise de diplôme. Docteur en robotique. Une jeune femme pleine d’assurance, confiante en l’avenir. Je ne suis plus cette femme. J’ai changé.

Je ne me souviens pas de ma transformation. Quand ils ont ajouté une composante cybernétique à mes fonctions cérébrales, j’étais dans un coma artificiel. Un succès à 99,99586735%, m’ont-ils assuré. Aucune différence perceptible.

D’accord, mais est-ce que je suis toujours moi-même ? Si je n’avais pas eu cet accident vasculaire cérébral, la semaine dernière, serais-je aussi de 0.00413265% différente de ce que j’étais alors ?

Les plus extrémistes des philosophes prétendent que ma question n’a pas de sens. Que le moi n’existe pas. Que… je n’existe pas. Oui, je change constamment. Le moi, s’il existe, est mouvant. Je suis déjà différente de celle que j’étais, deux minutes auparavant, quand j’ai commencé à coucher ces mots sur le papier vélin. A chaque instant, le changement est imperceptible. Il n’en existe pas moins.

Mais dire que le moi n’existe pas, c’est nier une continuité entre ces états successifs par lesquels je passe. Ajouter une partie mécanique à mon cerveau constitue-t-il une rupture significative avec cette continuité ? Suis-je toujours moi-même ? 0.00413265%, c’est un nombre infime. J’aurais surement plus évolué que ça, sans l’opération. En un sens, c’est donc un échec. On m’a volé du temps, du temps que j’aurais utilisé pour changer dans une direction imprévisible.

Une autre façon de voir les choses, comme me l’a fait remarquer ma mère à mon chevet, c’est que le temps qui s’écoule maintenant, je le dois aux docteurs. Sans eux, je serais morte, et le moi qui me représente aurait disparu avec mes fonctions biologiques. Ma mère est pleine de sagesse, mais elle n’a pas des circuits imprimés dans le cerveau. Elle n’a pas à se questionner sur son identité. Je me suis endormie sur ces pensées angoissantes.

Et au réveil, j’ai eu une épiphanie. Je crois… je crois que je ne peux être autre chose que moi. Je ne suis plus celle que j’étais dans n’importe lequel de mes passés, que ce soit il y a cinq secondes ou deux décennies. Je ne le serai jamais plus. Mais j’existe toujours. Physiquement. Psychiquement.

Biologique, mécanique, quelle importance ? J’ai changé. Mais quoi que je sois devenue, quoi que je puisse devenir à l’avenir, je serai toujours moi.

Le reste de ma vie a commencé sur cette pensée rassurante.

Date d’écriture: 2020

Le cambriolage

Il avançait calmement dans les galeries, délaissées par les touristes après la fermeture du musée. Il passa distraitement devant la Victoire de Samothrace, sans prêter le moindre intérêt à la grâce, à la puissance qui se dégageait de la sculpture de la déesse Niké. Il grimpa quelques marches vers le premier étage de l’aile Denon, traversa le couloir des peintures italiennes du XIII-ème au XV-ème siècle. Il n’accorda pas plus d’attention aux toiles de maître, l’esprit entièrement focalisé sur son objectif. Il tourna à droite vers la salle de la Joconde. Le trésor qu’il cherchait était juste là, à sa portée.

Il aurait aimé pouvoir savourer cet instant, mais c’était bien entendu impossible. Pas comme ça, pas ici. Bien trop risqué. En tendant l’oreille, il entendait, au loin, les pas pesants du vigile. Il disposait, au plus, d’une ou deux minutes. Ça suffirait largement à ses besoins. Il saisit son trophée et, empli d’euphorie, s’enfuit par une bouche d’aération avant que n’arrive le garde.

Alors seulement, le rat prit le temps de grignoter les restes de la barre de Twix qu’un visiteur irrespectueux avait, plus tôt dans la journée, jetés au sol.

Date d’écriture: 2020

Le forgeron

Le forgeron donnait les touches finales à sa lame, polissant avec application les minuscules aspérités restantes. Une épée simple mais de bonne facture, typique de cette partie du monde, sans rien de particulier. En apparence.

Quelques jours plus tard, cette épée fut vendue à un marchand ambulant, qui caressait l’espoir d’en tirer un bon profit dans la cité voisine. Au marché, un voleur déroba l’épée. Elle atterrit sur le marché noir et changea plusieurs fois de propriétaire, le plus souvent de manière sanglante. Elle quitta finalement la ville au flanc d’un truand de bas étage, qui se trouvait recherché par la garde et préférait prendre un peu l’air.

Le truand écuma quelque temps la campagne aux côtés de bandits de grands chemins. Ils attaquaient les villages alentours, ciblant les commerces les plus lucratifs. Et c’est ainsi que l’épée retrouva le chemin de la forge.

Quand elle s’abattit sur son créateur, il reconnut son œuvre et hocha imperceptiblement la tête. Il avait forgé sa propre chute.

Date d’écriture: 2020

Comment ça se termine ?

On est nés dans les gorges d’Olduvaï. On a appris, on s’est dressés contre nos ennemis, unis pour survivre. Et pas à pas, on a conquis le monde. Maintenant… maintenant, il n’y a plus d’ennemis. Plus que nous-mêmes.

Alors, **nous** sommes devenus l’ennemi. A défaut de tuer les autres, on se tue nous-même. Une formidable boucherie. Et maintenant ? Comment ça se termine, tout ça ?

Est-ce un équilibre stable, les morts étant perpétuellement remplacés par les nouveaux-venus ? Ou y aura-t-il une catastrophe majeure qui nous balaiera une fois pour toute – apocalypse nucléaire, changement climatique, pandémie majeure, choisissez votre poison… Va-t-on se trouver de nouveaux ennemis, qui nous détourneront de nous-mêmes ? Progressivement évoluer, peut-être, jusqu’à devenir quelque chose de… différent, de moins humain ? La technologie produira-t-elle cette singularité annoncée de longue date, causant, selon le prophète qu’on choisit d’écouter, la perte ou la salvation d’Homo sapiens ?

La question n’est, de toute évidence, pas purement académique. Alors, comment ça se termine ? Pas sûr. Notre avenir est entre nos mains, à nous de lui donner forme.

Date d’écriture: 2020

Au-delà

Les dryades prétendent qu’à quelques milliers de kilomètres au nord-ouest-bas, l’Arbre-Monde se termine, que ses branches disparaissent progressivement pour laisser place à un vide étrange, inconcevable.

Longtemps, j’ai cru qu’il ne s’agissait que du délire d’esprits dérangés, torturés par la toute-puissance de l’Arbre nourricier. Mais voilà. Il y a quelques mois, je suis allé en reconnaissance aussi loin que je le pouvais vers l’est-haut, et j’en ai vu un, moi aussi. Un trou dans notre univers, un espace de néant absolu où n’apparaissait que du bleu, parsemé ici et là de zones blanches indistinctes et mouvantes.

J’ai gardé cette information par devers moi. Le Conseil Arboricole me tuerait si je répandais de telles hérésies. Mais pourtant… mes sœurs et frères sylvains doivent savoir. Ils doivent savoir que, malgré son apparente omnipotence, le pouvoir de l’Arbre-Monde n’est pas absolu, qu’il s’arrête quelque part. Ce qu’il y a aux confins, même en l’ayant vu, je ne peux l’appréhender. Peut-on se mouvoir dans ce néant bleu ? Les zones blanchâtres sont-elles les âmes de ses rejetons, des âmes si mauvaises que l’Arbre-Monde lui-même les a rejetées ?

Il me faut à tout prix le découvrir. J’ai besoin de preuves. Je pars demain pour retrouver cette déchirure dans notre univers, pour l’étudier. Je laisse néanmoins cette feuille derrière moi, pour qu’elle pousse et délivre la vérité à ceux qui sont prêts à l’entendre. Ainsi, si je venais à mourir lors de mon périple, ma découverte ne disparaîtrait pas avec moi.

Parce que je n’ai aucune idée de ce que je vais découvrir au-delà de notre univers.

Date d’écriture: 2020

Le silence

Non, mais il m’a hurlé dessus parce qu’il est stressé, maintenant c’est à moi d’être forte et d’être à ses côtés pour le rassurer. Et pas question d’en parler à ma copine Sophie, déjà qu’elle l’aime pas, elle va en faire tout un plat si je lui raconte ça.

Non, mais il m’a tapé juste une fois parce qu’il était jaloux, parce qu’il m’aime en fait, et puis il m’a dit qu’il ne recommencerait jamais plus ! Faut que je cache le bleu d’ailleurs, sinon il va avoir des ennuis si ça se sait.

Non, mais il m’a tabassé parce qu’il a des démons intérieurs, il n’y a que moi qui peut l’aider, il me l’a dit lui-même, il va faire une connerie si je suis pas là pour le soutenir. Par contre, les autres ne peuvent pas comprendre, faut surtout que je dise rien autour de moi, ils le prendraient pour un fou.

Non, mais c’était juste un crime passionnel, il m’a balancée dans les escaliers pendant un accès de rage. Personne n’était là pour moi, mais au fond… qui aurait pu imaginer ?

Je n’ai jamais rien dit à personne.

Date d’écriture: 2020
Aux victimes de violences conjugales.
Vous ne le savez peut-être pas, mais vous n’êtes pas seul.es !

08 Victimes : 08 842 846 37

08victimes@inavem.org

Beauté fatale

Dans cette caverne ? »
Oui messire, c’est là l’antre de la bête. Mais… messire… personne n’en est jamais sorti vivant. Pourquoi êtes-vous si prompt à braver la mort ? »

Le chevalier sourit.

Merci pour ton aide, mon brave. »

Et il entra résolument dans la grotte.

Dedans, il faisait sombre. De vagues relents d’humidité ne suffisaient pas à couvrir une odeur de charogne. Le chevalier alluma une torche et avança prudemment.

La bête était là, au fond de la grotte. Le chevalier dégaina son épée, prêt à passer à l’attaque, quand elle se retourna.

Le souffle coupé, le chevalier posa son épée au sol et s’agenouilla, écrasant sous ses genouillères un crâne humain. Mais il n’y prêta aucune attention, son esprit entièrement accaparé par la beauté surnaturelle de la bête.

Sa fourrure, d’un blanc d’albâtre, était ponctuée de petites tâches sombres, comme le pelage du léopard. Son corps, élégamment proportionné, hésitait entre la marche bipède et le déplacement quadrupède. Son visage, fin et quasi-humanoïde, était orné de deux discrètes petites cornes et resplendissait littéralement. Le chevalier était incapable d’en détacher ses yeux.

La créature émit une sorte de ronronnement et se leva en un mouvement fluide, hypnotique.

Es-tu venu pour me tuer, messire chevalier ? »

Le chevalier eut un haut-le-cœur à l’idée de porter la main sur un être d’une telle beauté.

Jamais ! Je préférerais mourir que de porter atteinte à une créature telle que toi ! »

Le ronronnement s’intensifia et la créature approcha doucement. Son parfum délicat, une légère odeur d’herbes fraîchement fauchées après la pluie, investit les narines du chevalier.

Je sais. », souffla doucement la créature.

Elle sourit. Son visage, en cet instant, était d’une telle beauté que le cœur du chevalier chavira.

Mais moi, je peux te faire autant de mal que je le veux. »

Le chevalier perçut sans peine la menace, mais ne bougea pas. Partir, c’était renoncer à voir plus longtemps cette magnifique créature. Il ne bougea pas quand elle le dépeça sans hâte, son attention focalisée sur le visage sublime de la créature. Il ne poussa pas même un cri, craignant de couvrir le délicat ronronnement qui émanait d’elle.

Au dehors, le paysan qui avait guidé le chevalier attendit jusqu’au soir. Puis il hocha tristement la tête et rentra chez lui.

Date d’écriture: 2020