Le silence

Non, mais il m’a hurlé dessus parce qu’il est stressé, maintenant c’est à moi d’être forte et d’être à ses côtés pour le rassurer. Et pas question d’en parler à ma copine Sophie, déjà qu’elle l’aime pas, elle va en faire tout un plat si je lui raconte ça.

Non, mais il m’a tapé juste une fois parce qu’il était jaloux, parce qu’il m’aime en fait, et puis il m’a dit qu’il ne recommencerait jamais plus ! Faut que je cache le bleu d’ailleurs, sinon il va avoir des ennuis si ça se sait.

Non, mais il m’a tabassé parce qu’il a des démons intérieurs, il n’y a que moi qui peut l’aider, il me l’a dit lui-même, il va faire une connerie si je suis pas là pour le soutenir. Par contre, les autres ne peuvent pas comprendre, faut surtout que je dise rien autour de moi, ils le prendraient pour un fou.

Non, mais c’était juste un crime passionnel, il m’a balancée dans les escaliers pendant un accès de rage. Personne n’était là pour moi, mais au fond… qui aurait pu imaginer ?

Je n’ai jamais rien dit à personne.

Date d’écriture: 2020
Aux victimes de violences conjugales.
Vous ne le savez peut-être pas, mais vous n’êtes pas seul.es !

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Beauté fatale

Dans cette caverne ? »
Oui messire, c’est là l’antre de la bête. Mais… messire… personne n’en est jamais sorti vivant. Pourquoi êtes-vous si prompt à braver la mort ? »

Le chevalier sourit.

Merci pour ton aide, mon brave. »

Et il entra résolument dans la grotte.

Dedans, il faisait sombre. De vagues relents d’humidité ne suffisaient pas à couvrir une odeur de charogne. Le chevalier alluma une torche et avança prudemment.

La bête était là, au fond de la grotte. Le chevalier dégaina son épée, prêt à passer à l’attaque, quand elle se retourna.

Le souffle coupé, le chevalier posa son épée au sol et s’agenouilla, écrasant sous ses genouillères un crâne humain. Mais il n’y prêta aucune attention, son esprit entièrement accaparé par la beauté surnaturelle de la bête.

Sa fourrure, d’un blanc d’albâtre, était ponctuée de petites tâches sombres, comme le pelage du léopard. Son corps, élégamment proportionné, hésitait entre la marche bipède et le déplacement quadrupède. Son visage, fin et quasi-humanoïde, était orné de deux discrètes petites cornes et resplendissait littéralement. Le chevalier était incapable d’en détacher ses yeux.

La créature émit une sorte de ronronnement et se leva en un mouvement fluide, hypnotique.

Es-tu venu pour me tuer, messire chevalier ? »

Le chevalier eut un haut-le-cœur à l’idée de porter la main sur un être d’une telle beauté.

Jamais ! Je préférerais mourir que de porter atteinte à une créature telle que toi ! »

Le ronronnement s’intensifia et la créature approcha doucement. Son parfum délicat, une légère odeur d’herbes fraîchement fauchées après la pluie, investit les narines du chevalier.

Je sais. », souffla doucement la créature.

Elle sourit. Son visage, en cet instant, était d’une telle beauté que le cœur du chevalier chavira.

Mais moi, je peux te faire autant de mal que je le veux. »

Le chevalier perçut sans peine la menace, mais ne bougea pas. Partir, c’était renoncer à voir plus longtemps cette magnifique créature. Il ne bougea pas quand elle le dépeça sans hâte, son attention focalisée sur le visage sublime de la créature. Il ne poussa pas même un cri, craignant de couvrir le délicat ronronnement qui émanait d’elle.

Au dehors, le paysan qui avait guidé le chevalier attendit jusqu’au soir. Puis il hocha tristement la tête et rentra chez lui.

Date d’écriture: 2020

L’univers

Votre univers doit avoir trois règles simples, qui détermineront toute sa structure. La première : une fois défini, rien ne peut plus ni y apparaître, ni en disparaître. La seconde : une fois définies, les lois qui le régissent ne peuvent être altérées et doivent, à tout moment, rester cohérentes entre elles. La troisième… »

Les élèves le dévisageaient tous, certains avec l’air vaguement ennuyé, d’autres impatients à l’idée de faire leurs premières armes.

… la troisième, donc, c’est : étonnez-moi ! »

Au fond de la classe, un gamin leva la main.

Ton nom ? »
Yhwh, monsieur. »
Oui, Yhwh ? »
Avec des règles aussi restrictives, l’univers qu’on créera ne peut qu’être ennuyeux à mourir. On ne peut pas introduire de non-linéarité temporelle ? De fluctuations dans les paramètres physiques ? De récursivité spatiale ? »

Visiblement, le gamin avait déjà jeté un coup d’œil à la suite du cours. L’instructeur était raisonnablement impressionné, mais il savait par expérience qu’il fallait commencer par les bases pour parvenir à maîtriser des structures d’univers plus complexes.

Ce sera pour les prochains cours. A vous de faire preuve de créativité pour rendre vos univers intéressants. »

Et tous se mirent au travail. Comme en chaque début de semestre, beaucoup avaient du mal à gérer le concept de cohérence interne de l’univers. Il devait patiemment expliquer qu’une force ne pouvait à la fois émettre et recevoir un travail en même temps. Certains paresseux se contentaient d’un univers statique, où toute la matière était dans un ennuyeux état de parfait équilibre. Un farfelu tenta un univers à 3727 dimensions, qui s’effondrerait sur lui-même sans règles supplémentaires pour le stabiliser. L’instructeur lui donna brièvement quelques conseils pour le simplifier sans trop le dénaturer. Un des élèves, se sentant l’âme d’un artiste, avait fait un univers de pures fluctuations d’énergie, aussi irréaliste qu’esthétique. Et pour finir, Yhwh…

Yhwh avait fait un univers incroyablement… minimaliste. Quatre dimensions, des lois physiques simplistes, des transformations d’état basiques. L’instructeur s’apprêtait à partir, déçu, quand Yhwh fit avancer la trame temporelle de son univers.

La matière se déploya élégamment dans l’espace, à la manière d’une fleur. Les paramètres physiques et l’état initial avaient été si finement choisis que la matière se comportait de manière fractale, reproduisant le flamboyant déploiement jusqu’aux échelles les plus infimes. Des puits de gravité apparurent un peu partout dans l’espace, attirant la lumière elle-même, sans qu’il ne soit jamais possible aux éléments d’atteindre le centre du puits. Des interactions matière-matière de plus en plus complexes se produisirent, structurant localement l’espace par cristallisation interne, jusqu’à produire des structures auto-répliquantes. Pour finir, la trame temporelle avançant, les lois de gravité recondensèrent la matière en un point unique, comme au commencement, et un nouveau cycle rigoureusement identique au premier se produisit. L’univers créé par Yhwh était absolument, parfaitement, cyclique.

L’instructeur sourit.
C’est sans nul doute, de tous les univers que j’ai vus jusqu’à présent, celui qui respecte le mieux la troisième loi. »

Et il conserva l’univers d’Yhwh comme exemple pour ses cours futurs.

Date d’écriture: 2020

Guerre et paix

J’ai connu la guerre et j’ai connu la paix.

La première a fait de moi un homme d’honneur. Pendant la guerre, je ne faisais qu’un avec mes camarades. Plus d’un a succombé au combat, sûr. Une mort honorable. Mais même au pire de la bataille, on se serrait toujours les coudes. On était comme frères et sœurs, tous égaux sous le feu ennemi. Personne, jamais, ne restait sur le carreau. Une vie honorable. Et puis une quelconque huile a décidé que la guerre avait assez duré. Alors je suis rentré au pays.

La seconde… bah ! A mon retour, ma femme était partie. Par lassitude, pour un autre homme ? Je ne sais pas. Les traites de la maison couraient toujours, alors je me suis cherché un boulot. Quand on m’a demandé mes qualifications… je sais me battre. J’ai jamais appris que ça. On ne m’a pas embauché. J’ai perdu ma maison. Je me suis trouvé à la rue. Les gens ont commencé à me regarder bizarre, comme un parasite. Je me suis battu pour leur liberté, putain ! Je pouvais pas le supporter, alors je me suis mis à boire. Et je meurs à petit feu, seul, dans le caniveau. Méprisé par les gens que je voulais protéger.

J’ai connu la guerre et j’ai connu la paix. La première a fait de moi un homme d’honneur, et la seconde, un marginal, un ivrogne, un parasite.

Putain !

Date d’écriture: 2020
Aux vétérans devenus inadaptés.

Festina lente

Il est un lieu où les hommes ne se battent plus, où la douleur cesse, où la bêtise et la méchanceté n’ont plus force de loi. Il est un lieu où les chaines ne nous retiennent plus, où plus rien ne saurait me faire de mal.

Ce lieu, je l’atteindrai un jour, sans doute. Mais je prends mon temps. Parce que je ne veux pas que la douleur s’arrête. Pas si ça veut dire que le bonheur, le sens, l’appartenance doivent aussi rester sur le seuil. Que la mort attende encore un peu.

Je ne suis pas pressée.

Date d’écriture: 2020

Le divertissement

En bas, les hommes se battaient. Une obscure histoire de ligne mal placée sur une carte. Ou était-ce encore une insulte imaginée par un d’entre eux ? Une question sur la bonne chose à croire ? Peu importe. En bas, les hommes se battaient.

Au départ, le spectacle avait été… divertissant. Une sorte d’arène immense, où tout un chacun pouvait parier sur l’issue du combat. Mais l’histoire tournait en boucle. Les scénarios, toujours les mêmes, étaient maintenant trop bien connus, et les êtres célestes ne venaient plus aussi nombreux pour voir l’attraction. En fait, ils n’étaient qu’une poignée ce jour-là. En bas, les hommes se battaient et mourraient, dans l’indifférence la plus complète.

Il était temps de renverser la tendance. Le responsable étudia le monde du dessous. La matière offrait des perspectives… intéressantes. Il orienta quelques spécimens moins stupides que leurs congénères vers la chimie. Boum. Quelques siècles plus tard, les hommes maîtrisaient le canon, l’arme à feu. On vint un peu plus nombreux pour voir la nouveauté, mais cela ne dura guère. En bas, les hommes se battaient et mourraient toujours plus nombreux, dans l’indifférence la plus complète.

Alors il leur donna l’atome. Des explosions s’élevèrent, frôlant les cieux, et les êtres célestes applaudirent la nouveauté. En bas, les hommes se battaient et mourraient, leur chair fondait. Jamais, de mémoire céleste, on n’avait vu tel carnage. Magnifique. Horrible. Quand enfin la surface de la Terre fut vitrifiée, quand le dernier homme mourut, les êtres célestes retournèrent à leurs activités premières.

En bas, les hommes ne se battaient plus.

Date d’écriture: 2020

Fortitude

Mon corps tremble. Par peur, bien sûr, mais aussi sous l’effet de l’adrénaline qui coule à gros bouillons dans mes veines. L’officier allemand me regarde d’un air mauvais.

Où ? »

Je ne réponds pas. Sur un signe de tête, ses trois sous-fifres m’empoignent et m’attachent solidement sur la table d’opération. Je me débats. Aucune chance.

Un quatrième entre dans la pièce mal éclairée, ouvre sa mallette, en sort une pince coupante et coince la base de mon petit doigt entre ses lames.

Où vont-ils débarquer ? »

Qu’il aille se faire foutre. C’est la fin pour moi, de toutes façons. J’emporterai ce secret dans ma tombe.

La pince se referme. Clac. La douleur remonte en un instant le long de mes nerfs et explose dans mon cerveau. Quelqu’un hurle. Je réalise avec horreur que c’est moi. Je m’étais promis de rester fort, de ne pas leur faire ce plaisir. Mais je n’ai pas la volonté de résister à ça.

Le doute s’insinue. Aurai-je le courage de résister à la torture ? Ils ne doivent pas savoir. Le lieu du débarquement doit rester secret. Il y a bien plus en jeu que ma propre vie.

Clac. Une nouvelle phalange tombe. Où, ne cesse de répéter l’officier. Clac. Clac. Il suffit de quelques mots et tout s’arrête. Clac. Ils passent à l’autre main. Clac. Je hurle en continu. Où ? Ils ne doivent pas savoir. Ils ne le doivent pas. Clac. Où ? OU, OU, OU ?! Je crie, de dégoût et de soulagement.

Sur les plages du Pas-de-Calais ! »

L’émotion me submerge, aussi forte que la douleur. J’ai trahi. Je n’ai pas été assez fort. Le débarquement sera anéanti, parce qu’ils seront là pour cueillir les alliés. Des larmes amères coulent de mes yeux alors que tombe le coup de grâce.

Jamais je ne saurai que mon propre état-major m’a menti. Que cette information, que j’ai gardée par devers moi au prix d’horribles souffrances, à laquelle je croyais dur comme fer, n’était qu’un leurre.

Dans quelques jours, les allemands masseront leurs troupes sur les plages du Pas-de-Calais et dégarniront les plages de Normandie. Moi qui croyais trahir, je viens de sauver des milliers de vies. Mais je ne le saurai jamais. Je n’étais qu’un pion anonyme dans un échiquier qui me dépasse.

Date d’écriture: 2020
Aux sacrifices consentis pour rendre possible le débarquement en Normandie.

 

L’ultime vérité

Qu’est-ce que la Vérité ? Un simple mot, un concept inaccessible ? Sans doute. Mais pour le prêtre, Monseigneur de Valliès, c’était un véritable credo. C’était sa vie, son serment. Il avait promis, quelques décennies auparavant, de ne jamais plus dire que la Vérité. Mais voilà. Au soir de sa vie, il devait bien en convenir, ce serment avait fait de trop nombreuses victimes.

Ces réfugiés, sauvagement massacrés par cette bande de soldats en maraude, parce qu’il ne pouvait se résoudre à leur montrer la mauvaise direction. Ces paysans, pendus par le duc, parce qu’il ne pouvait prétendre qu’ils avaient effectivement donné tout le grain aux percepteurs d’impôt. De trop nombreuses victimes, oui.

Ces morts perturbaient Monseigneur de Valliès, bien entendu. Il en avait conclu que le monde était par trop imparfait pour accueillir une si totale honnêteté de propos. Mais dans cet instant de lucidité, suspendu entre le noir voile de la mort et le lumineux monde des vivants, un autre mensonge occupait tout l’espace.

Mensonge ? Est-ce un mensonge, si l’on croit sincèrement à ses propos ?

Oui. Et en un frisson d’horreur, Monseigneur de Valliès réalisa qu’à son insu, il avait en réalité menti toute sa vie.

Car en cet infime instant, il réalisa que Dieu, cet être magnifique auquel il avait sa vie entière voué ses louanges, ce guide suprême au nom duquel il avait renoncé au mensonge… Dieu, donc, n’existait pas.

Et sur cette dernière Vérité, il sombra dans le néant.

Date d’écriture: 2020

La bibliothèque

Léonard n’avait jamais vraiment cessé d’apprendre de son vivant, aussi, une fois dans l’après-vie, décida-t-il de se cultiver encore et sans relâche. Après tout, il avait désormais l’éternité pour assouvir sa passion. On lui présenta le bibliothécaire, qui l’amena au saint des saints, la grande bibliothèque universelle où se trouvait archivé tout le savoir humain, mais aussi tout ce que les humains n’avaient jamais découvert, en bref, tout ce qu’il était possible de découvrir. Et il y avait même, lui avait-on dit, des archives retranscrivant tout ce qui existait mais ne pouvait être découvert, car la plus discrète des observations aurait apporté trop de modifications pour permettre l’observation du phénomène.

La bibliothèque était immense. Un véritable monde dans l’univers de l’après-vie, telle fut la première impression de Léonard quand il arriva sur le seuil. Il remarqua avec étonnement qu’il était seul. Le bibliothécaire s’arrêta au pas de la porte et lui fit signe d’avancer.

Vous n’entrez pas ? » demanda Léonard, surpris.
Oh non ! » répondit le bibliothécaire. « Voilà de nombreux fragments d’éternité que nul n’est plus entré ici. »
Mais alors, qui classe les nouvelles découvertes ? » s’étonna Léonard.
Personne ne les classe. Les nouvelles découvertes arrivent et s’ajoutent d’elles-mêmes à l’édifice, si bien que la bibliothèque ne cesse de croître. Mais tout ceci grandit bien trop vite pour que quiconque puisse encore y mettre de l’ordre, même moi. »
Alors si je veux savoir, par exemple, comment fonctionne le corps humain, comment ferai-je donc pour trouver ce que je cherche ? »

Le bibliothécaire sembla soudain pensif.

Eh bien… il existe bien un moyen, mais… »
Quel est ce moyen ? » insista Léonard.
Il n’existe aucun classement, aussi vous ne pourrez trouver l’information que vous cherchez qu’avec une chance infinie. Mais qu’à cela ne tienne, il vous suffit de lire l’ensemble de la bibliothèque. Vous finirez tôt ou tard par savoir ce que vous voulez. »

Léonard considéra l’édifice imposant, qui avait déjà sensiblement grandi durant les quelques minutes qu’avait duré leur discussion. Cette nouvelle aile, dans la partie ouest, par exemple… Léonard aurait juré qu’elle n’y était pas, quelques instants auparavant.

Tout lire ? Mais quelle est la taille de cette bibliothèque ? »
Elle contient tout le savoir du monde, qui est infini. Aussi est-elle, nécessairement, elle aussi infinie. Fort heureusement, vous disposez d’autant de temps que vous n’en voulez en ce lieu, aussi aurez-vous le temps de tout lire si tel est votre bon plaisir. »

Léonard réfléchit un moment. Avait-il vraiment une telle soif de connaissances ?

Et votre maître, Dieu, ne pourrait-il pas y mettre un peu d’ordre ? »

Le bibliothécaire sourit.

Où donc pensez-vous que soit Dieu ? » demanda-t-il d’un air malicieux.

Léonard fut soudain perplexe. A bien y réfléchir, on lui avait fait visiter l’ensemble des lieux, mais nulle part il n’avait été mention de la demeure de Dieu, et Léonard ne lui avait pas encore été présenté.

Sur Terre, on avait pour coutume de dire que Dieu était partout et en toute chose. » réfléchit-il à haute voix.
Une remarque appropriée. » approuva le bibliothécaire. « Et qu’il sait tout, une façon détournée d’affirmer qu’il contient tout le savoir du monde. Tout comme cette bibliothèque. Il, ou elle, selon la façon dont il vous plait de le ou la nommer, est omniscient.e. En un sens, il/elle contient le monde. Je vous repose donc la question : où pensez-vous que soit Dieu ? »

Léonard contempla la bibliothèque et comprit. Dieu n’avait rien d’un vieil homme barbu. Il était le réceptacle du savoir du monde, toujours avide d’en connaitre davantage, et c’est en ce sens qu’il avait créé l’homme à son image.

Il se prosterna devant l’édifice qui était en fait son Dieu, puis, sur un signe de tête approbateur du bibliothécaire, entra à l’intérieur.

Date d’écriture: 2020

It’s a kind of magic

Des fosses si profondes que leur pression m’aplatirait comme une crêpe. Un immense orage spatial de cent cinquante mille années-lumière autour de la galaxie 3C303. Une diversité animale si importante que jamais je ne connaîtrai le centième des espèces qui peuplent ma planète. Des gens que j’aime autour de moi, et qui me rendent mon amour.

C’est étrange qu’on ressente le besoin de faire appel au surnaturel pour ajouter de la magie à notre monde.

Date d’écriture: 2020