Le début de la fin

Je regardais la vaste plaine en contrebas, bien à l’abri de notre vaisseau. Gelt me salua et attendit que je lui accorde mon attention.

Explorateur Gelt, quel est votre rapport ? »

Il hésita un instant.

Ça va demander un sacré boulot, dirigeant Iann, mais… oui, la planète peut être reformée pour correspondre à nos besoins. »
Un sacré boulot ? Quel est le problème ? »
Vous voyez ces structures sous nos pieds ? »

Je dirigeais mon attention vers le sol. Il y avait effectivement, de-ci de-là, un fouillis invraisemblable de structures biologiques immobiles et indéterminables. Rien qui me soit familier, en tous cas.

Ces structures rejettent en abondance un composé hautement toxique dans l’atmosphère. Bien plus que ce que nous pouvons supporter, et même la coque de nos vaisseaux ne tiendra guère que quelques cycles si nous les exposons de manière continue. Il va falloir en purger l’atmosphère avant que cette planète ne devienne vivable. »

Purger l’atmosphère ! C’était le travail de plusieurs dizaines de cycles, au minimum. Et cela demanderait des ressources considérables. Mais au vu de la rareté des planètes colonisables dans ce secteur de la galaxie, il m’était difficile de faire la fine bouche.

Je vois… d’autres surprises de la part de cette planète ? »
Rien de particulier. Comme la plupart des planètes de ce genre, elle abrite une foule de formes de vies inférieures, dont certaines semblent même former des colonies et utiliser des outils rudimentaires. »
Des colonies et des outils ? Y a-t-il la moindre chance qu’elles parviennent un jour à la conscience ? Je ne tiens pas à me mettre le Conseil Interstellaire à dos ! »

Je sentis la dénégation de Gelt avant qu’elle ne me parvienne.

Non, dirigeant Iann. Aucune d’entre elles ne présente la moindre capacité télépathique, condition nécessaire à la conscience. »
Ces formes de vie représentent-elles un danger quelconque ? »
Probablement pas. Les colonies pourraient avoir un mouvement instinctif d’auto-défense, mais leur équipement est trop rudimentaire pour présenter la moindre menace. Pas d’armes psioniques, aucun perturbateur cortical… bref, pas de capacité de frappe mentale, si bien que nous n’avons rien à craindre de leur part. »

Rassuré, je me retournais vers la planète. Bien. Elle ferait l’affaire.

Comment comptez-vous procéder, explorateur Gelt ? »
Ce composé toxique, le dioxygène, est très inflammable. Nous allons simplement le faire brûler, ce qui détruira également les structures biologiques qui le produisent. Après quoi nous pourrons progressivement éliminer les traces résiduelles par des méthodes plus conventionnelles. »

Je hochais la tête, posais un tentacule contre la vitre du vaisseau, et pris ma décision.

Fort bien, explorateur Gelt. Lancez le projet de reformation de cette planète. Rasez tout, et virez-moi au plus vite ce truc toxique de notre atmosphère ! »

Ainsi commença la guerre entre les blobs et les humains.

Date d’écriture: 2020

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